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Zoom sur la journée du quantique en Nouvelle-Aquitaine

Le 4 juillet 2025, j’ai eu la chance de pouvoir assister à la 2ème édition de la “JOURNEE QUANTIQUE en Nouvelle-Aquitaine”. Cette conférence s’est déroulée dans l’institut d’Optique d’Aquitaine à Talence, et a permis la rencontre d’une centaine de passionnés du monde du Quantique ⚛️

Avant de vous présenter cette journée plus en détails, il serait intéressant de vous donner un peu plus de contexte.
En effet, cette conférence rentre dans une initiative nationale nommée “Maisons du Quantique”.

“Le réseau national Maisons du Quantique vise à identifier des initiatives de co-localisation des écosystèmes du calcul quantique hybride dans plusieurs régions françaises, à leur proposer un co-financement sur trois années et une mise en réseau à l’échelle nationale, européenne et internationale.

« Les Maisons du Quantique doivent être en capacité de proposer, ou d’accompagner, des projets d’exploration des capacités du calcul quantique hybride qui tireront parti des services proposés par la plateforme nationale HQI.”

Il existe actuellement 5 Maisons du Quantique ayant chacune une spécialité : 

  • Maison du Quantique Île de France
  • Maison du Quantique Nouvelle Aquitaine (HybQuant)
  • Maison du Quantique Grand Est (MaQuEst)
  • Maison du Quantique Occitanie
  • Maison du Quantique Grenoble Alpes

Pour la Maison du Nouvelle Aquitaine, la spécialité est le photon. Sans surprise, le laser était un sujet de discussion très présent. 

Petite précision avant de débuter la présentation de cette journée ; je ne suis pas un expert de la physique Quantique, je n’ai d’ailleurs jamais fait d’études dans ce domaine. Cependant, je m’intéresse à ce monde passionnant depuis maintenant 15 ans. 

N’étant pas un expert, je ne vais pas commenter chacune des conférences mais plutôt vous donner un aperçu des principaux thèmes présentés.

Déroulé de la journée 

Nous débutons cette journée par un mot du président du comité scientifique Naquidis, Philippe Bouyer.

Il présente, entre autres, Naquidis, qui est un centre d’innovation pour les technologies Quantiques qui apporte un soutien financier aux projets innovants dans le domaine du Quantique et propose des “talents” pour co-construire des projets dans ce domaine.

Session cryptographie quantique

L’un des premiers thèmes d’application du Quantique, la cryptographie. 

Artur Ekert (Professeur de Mathématiques à Oxford) et Philippe Grangier (Directeur de recherche CNRS) commencent cette session par faire un petit historique des techniques cryptographique depuis la scytale jusqu’à Enigma avec un parallèle intéressant sur les personnages marquants qui ont “cassé” ces techniques.

Vient ensuite la partie “la plus intéressante”, la problématique des distributions des clés de chiffrement dans sa version “Quantique” (Quantum Key Distribution). Après un bref rappel sur les fondements de la théorie Quantique, évoquant les travaux d’Einstein (le fameux paradoxe EPR), les inégalités de Bell, et plus récemment, l’expérience d’Alain Aspect qui lui a valu un prix Nobel, il présentent l’importance de l’aléatoire dans le domaine du QKD. Il conclut en parlant de l’Entropy Accumulation Theorem (EAT). EAT sert à mesurer combien d’entropie (donc d’imprévisibilité) on peut garantir lorsqu’on répète plusieurs fois un même processus physique ou cryptographique (par exemple, quand on génère des bits aléatoires à partir de mesures quantiques).

Philippe Grangier intervient et présente “la distribution de clés quantiques à variables continues” CV-QKD (champ électromagnétique) et la compare à sa version “discrète” DV-QKD (photons intriqués) . Un avantage intéressant du CV-QKD est que son utilisation peut reposer sur des infrastructures “standards”.

Cette session se termine par une présentation du projet QKiss, de la plateforme open source QOSST (utilisée pour des expérimentations CV-QKD) et du projet d’envergure Nostradamus.

Présentation des structures locales

Cette session, animée par Philippe Bouyer, présente l’écosystème quantique régional en faisant un focus sur la structure “NAQUIDIS Center”. 

Cette structure d’innovation a été créée pour établir un continuum entre recherche et projets industriels. Elle est financée à hauteur de 10 millions d’euros (dont 50% par la région Nouvelle-Aquitaine). Elle a déjà réalisé 17 projets sur 4 ans avec plus de 18 partenaires académiques et industriels, générant 20 millions d’euros de levées de fonds, et effectuant plus de 20 recrutements (PhD, post-doc, ingénieurs de recherche). 

L’enjeu majeur, la souveraineté quantique européenne.

Inauguration de HybQuant, la Maison du Quantique Nouvelle-Aquitaine 

Etienne Duguet (Université de Bordeaux), Jean-Baptiste Latre (mathématicien), et Yassine Hamoudi (responsable du pôle Quantique au LaBRI) nous présentent la maison du Quantique Nouvelle-Aquitaine (HybQuant) qui est l’une des 5 maisons régionales de l’initiative “Maisons du Quantique” (lancée par le gouvernement français en 2024).

Le projet HybQuant associe Bordeaux et Limoges avec des partenaires industriels (Alstom pour le transport ferroviaire, Saft pour les batteries, Ceva pour la santé animale) pour travailler collaborativement sur 3 thématiques :

  • physique chimie Quantique et théorie Quantique des champs
  • optimisation convexe Quantique
  • correction d’erreurs Quantique et cryptographie

Laser et applications quantiques

Le Docteur Wilhelm Kaenders (CTO et Président de TOPTICA Photonics) présente la société TOPTICA.

Cette société est très connue dans le monde du laser. Avec plus de 27 ans d’expérience, 600 employés et 140 millions d’euros de chiffre d’affaires, elle montre la maturité industrielle du secteur. 

Le Docteur Wilhelm Kaenders a mis l’accent sur l’importance de la fiabilité des lasers ainsi que sur la difficulté à atteindre cet objectif, tout en soulignant l’intérêt d’avoir des spécifications très précises pour permettre la création d’applications quantiques de nouvelle génération.

Sur le même thème, Johan Boullet et Alexandre Dareau (Institut d’Optique Graduate School) ont présenté le programme AtomQtrl (15 millions d’euros). Ce programme est axé sur le développement de lasers ultra-précis pour la manipulation d’atomes froids. Le défi de ces lasers est d’atteindre une précision nanométrique et une fiabilité de 5 à 10 ans (1 à 2 ans actuellement).

Keynote “Les lasers et la physique quantique”

C’est le moment que tout le monde attendait, “l’exposé” de Serge Haroche (prix Nobel de Physique 2012). On n’a pas été déçu, cette conférence a été donnée d’une main de maître. C’était précis tout en étant compréhensible (par le néophyte que je suis), le tout ponctué de nombreuses anecdotes très amusantes.

Cette présentation, dense, a couvert différents sujets. Elle débute par le produit “directement issu de la théorie quantique”, le laser.  On parcourt son évolution depuis son invention le 16 mai 1960 par le physicien Théodore Maiman, jusqu’à nos jours. 

C’est ainsi que j’ai appris que le MASER (Microwave Amplification by Stimulated Emission of Radiation) était l’ancêtre du laser et que le laser pouvait être vu comme un « MASER optique ».

S’ensuit une explication sur les propriétés quantiques des photons (particules indiscernables) avec un focus sur le comportement bosonique de celui-ci. Le photon fait partie d’une classe particulière de bosons, appelée “bosons de jauge”. Cette classe agit comme un “transporteur de force” et le photon est le “transporteur de la force électromagnétique” (le gluon est le “transporteur de la force nucléaire forte”, les bosons W et Z sont les “transporteurs de la force nucléaire faible”).

Il nous parle ensuite de l’échelle utilisée dans les applications actuelles, l’attoseconde (10−18 secondes) 😱.

Roadmap vers Naquidis 2025-2030

Christophe Salomon (Directeur de recherche émérite au CNRS) termine cette journée par une présentation du futur de Naquidis.

L’objectif de Naquidis est de  “structurer un écosystème quantique et photonique européen depuis la Nouvelle-Aquitaine” afin de transformer l’excellence scientifique en solutions souveraines et opérationnelles.

Pour atteindre cet objectif, 3 axes de travail composent cette roadmap

  • la supply chain Quantique : développement de composants photoniques Quantique.
  • la détection Quantique : avancée technologiques en capteur Quantique avec des applications potentielles en industrie, géosciences, ingénierie et santé.
  • la communication Quantique : développement de nouveaux standards pour la cryptographie post-Quantique

Mot de la fin

En plus des conférences, cette journée a été ponctuée de moments dédiés aux networking. Pour ma part, j’ai trouvé que cette journée était bien organisée et riche en informations. Avec une mention spéciale pour la “master class” de Serge Haroche qui était vraiment incroyable.

Cette journée a su démontrer la vitalité de l’écosystème Quantique en Nouvelle-Aquitaine, c’est un équilibre réussi entre excellence scientifique et émulation régionale.

Cependant, ce type de conférence n’est pas fait pour tout le monde. On y parle peu d’informatique et les discussions sont souvent très spécialisées. Ceci ne m’empêchera pas d’être présent pour l’édition de 2026 🙂

L’informatique quantique est une technologie naissante, mais son impact à long terme promet d’être un facteur de transformation dans de nombreux secteurs. Il va falloir du temps pour comprendre et maîtriser toutes ces implications mais c’est une étape incontournable  pour préparer l’avenir.

Auteur/Autrice

Une réflexion sur “Zoom sur la journée du quantique en Nouvelle-Aquitaine

  • Thierry Strub

    J’ai travaillé sur l’intrication biologique, application du principe d’intrication quantique à la biologie, avec le Pr Dominique Dormont, Médecin scientifique, Directeur de recherche au CEA de Saclay, dans le cadre du Comité Troisié, Association de Recherche Scientifique, dans une expérimentation (NSB2) qui a bénéficié pour sa démonstration de l’expertise du laboratoire de service du Pr Barré-Sinoussi à Institut Pasteur.

    La notion quantique de non-séparabilité biologique est intimement liée à l’évolution des espèces. Sur la base du paradoxe épidémiologique de la simultanéité de l’épidémie à virus Ebola Soudan / Zaïre en 1976 le Pr Pierre Sureau de l’Institut Pasteur l’exprimait clairement dans la vidéo ci-jointe (lien en bas de page). Le physicien Bernard d’Espagnat dont les travaux précurseurs ont permis à Alain Aspect la démonstration de l’intrication quantique, m’a dit, face à ce paradoxe, « le vivant sait utiliser la non-séparabilité quantique ».

    L’un et l’autre m’ont encouragé au vu des premiers résultats que j’ai obtenus (expérimentation NSB1) dans le laboratoire du Pr Dominique Dormont au CEA.

    La suite très encourageante de mes travaux de recherche NSB2 (ci-dessus) a démontré qu’il est possible d’influencer radicalement un génome viral (VIH) son expression par l’application du principe de la Non Séparabilité Biologique avec une analyse statistique irréfutable : une très forte réponse génotypique en 5 jours / P = 1/10-43.

    J’ai écrit deux livres sur ce sujet
    « Paradoxe contre-exemple de la localité en biologie » Ed 3 Colonnes,
    « Intrication biologique circonstances de découverte » Ed Baudelaire.

    J’explique donc comment une action locale on peut avoir des effets non-locaux.

    La finalité de cette recherche est donc d’amener la physique théorique à l’application biologique et médicale à des virus ARN en l’occurrence du VIH .

    On peut alors démontrer la réalité de cette union biologie/physique à des fins thérapeutiques.

    Pour NSB3 il s’agit de cultiver simplement pendant une semaine des lymphoblastes et “attendre” la transformation : il faut trouver une haute compétence en virologie car il s’agit d’identifier le bon variant répond à ce binôme fondamental : se développe in vitro mais pas in vivo, par exemple un défectif incomplet (env) complété (vpr) appelons X.

    Par ailleurs, plus l’expansion du variant X est intense plus le changement touche une plus grande quantité du VIH plus « on remonte à une origine plus ancienne ». Ce qui veut dire que si l’origine la plus ancienne est de 1981 alors la totalité des VIH sur la planète disparait. Il faudrait utiliser des “flacons” d’un volume gigantesque comme pour la fabrication de vaccins (des milliers de litres).

    Mais iI faut confirmer cette notion inédite en biologie (pas en physique cf Alain Aspect) de “l’action à distance”, si et seulement si on constate un retour à la séronégativité de ce patient zéro alors l’éradication de tout VIH est pleinement envisageable.

    Ainsi nous avons alors le

    Premier traitement du VIH
    Premier traitement “à distance”, donc touche directement le virus pas l’hôte (pas de réservoir possible)
    Premier traitement sans médicament
    Premier traitement collectif (tous les séropositifs, éradication totale)

    On démontre alors que l’intrication biologique ouvre à de nouvelles voies pour la médecine, notamment aux pandémies (Ebola etc…).

    Ce travaille s’inscrits dans le cadre d’une forte économie en médicament (zéro) et en soins hospitaliers (zéro). L’action à distance macroscopique est une véritable révolution.

    Je cherche ainsi un partenaire intéressé par cette innovation, avec un laboratoire de virologie et en suite de bénéficier d’un soutient financier.

    Pour étayer mes propos 06 38 73 56 12 et/ou personnellement vous faire une présentation de l’unité physique / biologie que représente l’intrication biologique.

    Bien cordialement

    Dr Thierry Strub

    Adresse de la vidéo

    7gpn8yw66dm

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