La rétrospective, levier de l’apprentissage collectif et outil de transformation d’une équipe

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Le mois dernier, nos agilistes de l’équipe Kai, animaient un événement sur « Comment rater sa rétrospective ».

Les participants ont pu réfléchir et construire en petits groupes, le cadre et les process gagnants de leurs rétrospectives à venir, soit leur référentiel propre, au fur et à mesure que les participants dans les groupes apprenaient les uns des autres.

À la différence de post mortem-projets, et autres retex, où c’est à la fin du projet que l’on découvre toutes les occasions manquées d’améliorer les choses (trop tard),  la rétrospective dans Scrum, permet de voir ce que l’on peut immédiatement changer et mettre en place pour améliorer la suite du projet. Ensemble.

Zoom arrière sur les fonctions de la rétrospective, vecteur d’apprentissage collectif, pivot de l’apprentissage tribal.

La rétrospective est la cérémonie, qui entre toutes, incarne les principes lean d’amélioration continue, ainsi que les piliers de transparence, inspection et adaptation de Scrum.

La rétrospective est un puissant catalyseur de changement, pour optimiser les façons de travailler, mais aussi pour l’équipe elle-même.

Celle-ci va apprendre rétrospective après rétrospective, à exprimer sans jugement les points d’amélioration. Elle va apprendre à s’écouter, à accueillir les suggestions de chacun, à développer son empathie et à concevoir des process de travail et un protocole de décision commun.

En faisant cela, l’équipe va construire son propre référentiel d’images, de métaphores, sa grammaire, son vocabulaire et ainsi, construire et alimenter une mémoire collective, la sienne.
Chaque itération de rétrospective viendra comme un ancrage supplémentaire de ce référentiel collectif.
La capacité à participer, à enrichir et respecter les rétrospectives revient aussi à la création d’une compétence collective, c’est un apprentissage commun, en groupe.
Cela, et la  culture d’entreprise, réunissent deux atouts inimitables qui opèrent comme de sérieuses barrières à l’entrée pour les concurrents.

On y retrouve les ingrédients qui font le succès de l’apprentissage tribal : un apprentissage unique qui recouvre tout à la fois, langage, savoirs, émotions comportements et métaphores partagés, largement plébiscités par Daniel Mezick dans son anthologique “The Culture Game” (2012). On peut y ajouter les codes vestimentaires ou les gris gris.

Si si, dans une grande entreprise du CAC 40, j’ai vu tout plein de Yodas, de sabres Lasers et de R2D2.

Comment ouvrir et tenir l’espace de sécurité qui permet la rétrospective

Nous autres sapiens, sommes des êtres d’apprentissages, et c’est par l’émotion que nous apprenons.
Les ancrages de l’apprentissage sont d’abord des ancrages émotionnels qui résultent de l’expérience et d’événements vécus ensemble.

Nous voulons que ce soit une bonne expérience.

Jeff Sutherland insiste sur le happiness factor sans lequel pas d’amélioration continue.
« Scrum: A revolutionary approach to building teams, beating deadlines and boosting productivity », Jeff Sutherland

Les séquences de la rétrospective peuvent-elles adresser les quatre besoins identifiés en psychologie positive, tels que définis par Martin Seligman,  qui nous permettent de nous sentir heureux dans notre vie professionnelle ? Voyons.

  • Avoir un sentiment de contrôle, sur son environnement

La rétrospective est bien le moment où chacun peut s’exprimer, définir ou proposer une organisation de travail plus efficace, en levant les obstacles qui restent. Chaque rétrospective comprend cette phase essentielle où chacun fait entendre sa voix pour que l’on décide ce que l’on va faire pour améliorer l’itération suivante.  

  • Pouvoir mesurer les progrès

La rétrospective suivante permettra de mesurer la progression des actions pendant l’itération écoulée, et d’évaluer si les choix pris ont tenu leurs promesses.

  • Développer le sentiment d’appartenance

L’adhésion de chacun à un process spécifique d’amélioration continue (via du game storming) et la contribution aux règles du process de décision cimentent ce sentiment. On est très proche de l’apprentissage tribal et de ses vertus.

  • Avoir le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que soi

Le plus grand que soi, c’est le but, la vision, et les progrès qui donnent le sens.


Alors, elle est pas belle la rétro !

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