L’utilité, un paradoxe dans le monde du Produit et plus encore !
L’utilité, cette notion que nous utilisons pour évaluer la valeur ou la pertinence de quelque chose, est un concept central dans nos vies.
Le parallèle sur le thème de la guerre a été abordé lors d’une conférence donnée par le Colonel Solène BÉNY lors de la 7e édition de la School of Product, qui a eu lieu le 19 novembre 2024, il y a tout juste 1 mois et dont vous pouvez retrouver le Talk sur le site dédié.
Elle nous a démontré que dans le milieu militaire, un produit technologique est plus qu’utile, il est vital.
Dans ce domaine, pour prendre l’ascendant sur l’adversaire et gagner la guerre, la course dans la recherche d’innovations scientifiques et techniques ne s’arrête jamais. Cependant, elle nous fait prendre conscience que même si des batailles sont gagnées grâce à des produits encore plus performants, l’humain doit aussi pouvoir faire sans.
Cela introduit bien le parallèle avec le monde du Product Management et le lien à l’utile, thème clé de la journée de conférence de la School of Product, organisée par Octo à Paris.
Le paradoxe de l’utilité : Une quête éternelle
Les métiers comme le Product Management et le Product Ownership incarnent parfaitement ce paradoxe. Ils répondent à des enjeux complexes d’utilité dans un environnement économique et technologique en constante mutation. À première vue, l’utilité semble simple : c’est ce qui apporte un bénéfice ou répond à un besoin. Pourtant, elle peut se révéler éphémère ou subjective. Par exemple, un produit technologique révolutionnaire aujourd’hui peut devenir obsolète demain. Ce paradoxe se reflète dans la nature des décisions que prennent les Product Managers (PM) et Product Owners (PO). Ils cherchent à concevoir ou à optimiser des produits qui répondent à des besoins réels, tout en anticipant des attentes futures qui ne sont pas toujours claires.
Un défi vital pour les organisations : l’utilité dans le changement
Dans le cadre du développement de produits, la définition de l’utilité se complique encore. Un produit jugé utile ne peut pas seulement répondre à une demande immédiate : il doit s’inscrire dans une vision à long terme. Autrement, les organisations qui travaillent autour de ce produit seront vouées à mourir. Les PM et PO jouent ici un rôle clé, traduisant les attentes des utilisateurs, des parties prenantes et du marché. Ce faisant, ils tentent de résoudre un paradoxe vital à l’organisation : comment définir et construire quelque chose qui reste utile malgré l’incertitude du futur ? C’est les PM et PO qui vont oeuvrer dans la gestion et développement de produits. Ces deux métiers incarnent une quête permanente d’utilité, bien qu’ils l’abordent sous des angles différents.
Le Product Manager : L’architecte stratégique
Le PM est chargé de créer une vision globale du produit. Il se pose des questions comme : • Quels problèmes doit résoudre ce produit ? • Quelle valeur apporte-t-il à ses utilisateurs ? • Comment rester compétitif face à la concurrence ? Il jongle avec des éléments parfois contradictoires : attentes des clients, faisabilité technique, contraintes budgétaires. La notion d’utilité devient ici une matrice complexe qui dépend de multiples facteurs. L’utilité stratégique qu’il définit sert de boussole pour orienter le développement du produit.
Le Product Owner : L’artisan opérationnel
Le PO, quant à lui, est le gardien des détails opérationnels. Responsable du backlog produit, il priorise les fonctionnalités et s’assure que l’équipe de développement reste alignée sur les objectifs fixés. Dans ce rôle, l’utilité devient pragmatique : • Chaque fonctionnalité ajoutée est-elle vraiment nécessaire ? • Améliore-t-elle l’expérience utilisateur ou répond-elle à un besoin prioritaire ? Le PO traduit la vision stratégique du PM en actions concrètes, tout en restant agile face aux évolutions des priorités.
Ce sont grâce à des organisations en bonne orchestration, en constante remise en question et en perpétuelle recherche d’amélioration et de retours utilisateurs que des produits demeurent utiles.
La question qui se pose à présent est : quelle est la limite des pratiques qui rendent un produit utile au consommateur ? Est-il vraiment utile ? A-t-on crée un besoin ? Une dépendance ? Où se trouve la limite avec invitation et manipulation ? Pour aller plus loin, un reportage de Netflix qui traite des dérives: « Buy now : ces marques qui nous manipulent« . Ce documentaire révèle des méthodes qu’utilisent certaines marques qui poussent les clients à consommer toujours plus, et l’impact environnemental, au-delà de psychologique, que ces travers peuvent engendrer.

