Retour sur la conférence "Le management par la confiance" par J.F. Zobrist

Jeudi 2 avril avait lieu une conférence à l’AIA de L’ENSAM à Paris sur le management par la confiance. « Le management par la confiance : a-t-on le choix ? » Cette conférence était donnée par J.F. Zobrist .

J.F Zobrist, est l’ancien patron de FAVI entre 1983 et 2009, dans laquelle il a mis en place ce type de management alternatif avec des résultats remarquables.

Le Management par la confiance

Cette petite entreprise de fonderie est passée de 70 à près de 500 personnes. Elle a été pionnière dans la mise en place de démarches qualité en France et en Europe. Elle s’est complètement renouvelée en terme de produits et de clients. Est devenue leader dans le domaine des fourchettes de boîte de vitesse en Europe. Innove de façon insolente dans des domaines totalement inattendus comme les matériaux antibactériens. Et enfin obtient des résultats financiers très bons.

Comment cela est-ce possible ? Et bien en libérant toutes les énergies.

Chez FAVI, on manage par la la confiance.

Tout d’abord il part d’une idée : « Il n’y a pas de performance sans bonheur ».
Ensuite revenir aux basiques : il faut libérer les productifs des contraintes des improductifs. Donc, tout le monde dans l’entreprise doit créer de la valeur. Toute fonction ne créant pas de valeur doit être supprimée.
Les productifs, qui sont-ils ? Ce sont ces personnes, qui s’ils s’arrêtent mettent l’entreprise en apnée. Chez FAVI, ce sont les opérateurs. Et ceux qui préparent demain, les commerciaux, les études… Ce n’est pas le patron qui paie les opérateurs, mais les opérateurs qui paient la patron.
Pour libérer ces énergies, il manage par la confiance. C’est pourquoi ils ont supprimé tous les contrôles. Les opérateurs sont organisés en mini-usines et sont totalement libres de fonctionner comme ils veulent (horaires, investissements, machines, organisation, …).
Quelques exemples: Suppression du pointage, des réunions formelles, du reporting, des fonctions de contrôle comme le contrôle de gestion, les méthodes, les contremaîtres, les responsables de service.

Ensuite la démarche d’amélioration continue est généralisée. Et elle très souvent le fait des opérateurs eux-même. D’ailleurs des trophées sont organisés pour récompenser les meilleures actions. Et ces actions d’opérateurs sont jugées par des opérateurs.

Celui qui fait est celui qui sait

On gagne plus d’argent à faire plus qu’à dépenser moins (J.F. Zobrist)

Le client

Dans cette démarche de bonheur au travail il faut être libre et il faut aussi savoir pour QUI puis pour QUOI on travaille. C’est pourquoi le client est au centre de la démarche FAVI.
Leur devise

Par et pour le client

Toutes les actions menées sont toujours pour un client (interne ou externe).
Par exemple, il y a un commercial dédié par client qui connaît les problématiques du client ainsi que son contexte.

Le Patron

Il prône sans organiser. Il doit faire en sorte que les choses se fassent toutes seules.

Le bon prince est celui qui, en supprimant les contraintes et les exclusions, permet à chaque existant de s’épanouir à son gré. Son agir, sans agir, qui n’est pas ne rien faire du tout, est une forme de laisser faire pour faire en sorte que cela puisse se faire tout seul – (François JULLIEN)

Le patron fait de bons ouvriers qui n’ont plus besoin de ‘lui – (J.F. Zobrist)

Quelques conditions semblent nécessaires

  • est toujours le fait d’une tête seule
  • est libre ou manœuvre dans son espace de liberté
  • n’a pas d’égo. Abandonne son bureau, sa voiture de fonction, tous les attributs de sa fonction
  • est intuitif
  • donne le pouvoir de faire aux productifs en shuntant la structure
  • est pérenne dans l’entreprise, ne change pas tous les 5 ans au nom d’un plan de carrière
  • innove « en allant » par écoute des productifs
  • n’a pas de notion du risque

Dans le domaine de l’innovation

C’est l’art de trouver des choses qu’on ne cherchait pas.
C’est pourquoi il parle de signaux faibles. (cf. Shoji Shiba)
Il faut être capable de passer de l’intuition à l’action très rapidement sans passer par la réflexion.
Pour cela il faut « sortir de sa grotte » . Cela signifie qu’il faut aller sans cesse sur le terrain. Il faut sortir de l’entreprise.
Exemples: Les opérateurs changent de poste toutes les heures. Les opérateurs vont chez les clients. Tous les 2 ans, une vingtaine d’opérateurs vont en voyage au Japon.
Un des rôles du patron est de récolter les signaux faibles à l’extérieur et de passer à l’action.

Il faut faire rentrer le Dehors, Dedans. Donc le commercial qui s’occupe du client a son bureau au milieu de l’atelier avec les opérateurs.
Les commandes, remarques, … des clients arrivent directement à l’atelier et sont gérés directement par les opérateurs.

Il faut aussi expérimenter et laisser une chance au hasard.

N’améliorer jamais l’existant, passez à côté « (J.F. Zobrist) »

En conclusion

Manager par la confiance, c’est revenir au Bon Sens et à des choses simples qui parlent à tout le monde.

Une raison d’être : le rêve partagé
rester dans le village
Revenir sur des valeurs des valeurs de base
Ce sont des emplois créés

La cohérence se fait par des valeurs basées sur un essentiel, le partage :

  • Partage d’un rêve commun : rester, vivre et travailler dans notre village d’Hallencourt
  • Partage d’un objectif commun : Toujours plus et mieux pour moins cher pour mon client
  • Partage de deux valeurs communes : l’amour de mon client, et l’homme est bon
  • Partage d’une unité de mesure du progrès commune : le nombre de pièces bonnes par heure payée.

Maintenant J.F. Zobrist appuie bien qu’il n’y a pas de modèle. Lui apporte son témoignage. A vous maintenant de créer votre modèle pour votre entreprise.

Quelques références données lors de la conférence:

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