Et si on essayait de rendre nos démonstrations et reviews plus visuelles et interactives?

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Que vous fonctionniez en agile ou pas, vous aurez sûrement besoin de démontrer à un moment donné le travail effectué sur un projet. Il arrive alors souvent que cette démonstration se transforme en une discussion qui dérive sur d’autres sujets, en un listing à peu près exhaustif de tout ce qui est livré – à moitié lu ou compris par les personnes présentes – et enfin, en débat sur ce qui est mis à disposition, ou pas, suite à l’envoi d’un compte-rendu que peu de destinataires ouvriront.

En bref, peu d’impact, des informations partagées qui ne sont pas retenues et une compréhension erronée de la part de vos utilisateurs ou parties prenantes.

Pourquoi faire des démonstrations et reviews plus visuelles et interactives ?

1. Impliquer votre auditoire

Comme l’a si bien souligné Benjamin Franklin : “Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends”.

En effet, le fait de simplement entendre, lire et/ou voir n’implique pas pleinement votre auditoire puisqu’il reste dans une posture d’apprentissage passive.  En vous mettant dans une démarche de véritable “démonstration produit”, vous transformez votre public en partenaires projets et en futurs utilisateurs. Il ne s’agit plus d’une descente d’informations, mais plus d’un partage de ce qui a été réalisé dans le but de co-construire le projet.

2. Permettre à votre auditoire de retenir l’information

Si vos démonstrations de projets ne sont qu’une succession de slides, votre auditoire ne retiendra au maximum que 20% de l’information donnée comme le montre le “Cône de l’apprentissage” – initié par Edgar Dale et complété par l’Institut NTL (National Training Laboratories) – ci-dessous.

Edgar Dale a effectivement perçu très rapidement que pour apprendre, chaque personne fait appel à ses sens avec un canal de mémorisation dominant.

Bandler et Grinder – créateurs de la PNL en 1975 – ont montré qu’il existait 3 profils : le profil visuel, le profil auditif et le profil kinesthésique. 60% des personnes ont un profil visuel, 35% sont plus auditifs et 5% kinesthésiques (1). Comme vous ne savez pas à quel profil appartient chaque personne devant vous, autant maximiser les chances qu’elles retiennent toutes le message que vous souhaitez passer en jouant sur les 3 canaux.

Une démonstration mieux préparée vous évitera alors la perte de temps causée par les répétitions multiples quand le message n’est pas compris ou par les réunions de “clarification” organisées a posteriori.

3. Assurer une compréhension commune

Enfin, un des avantages du visuel est de limiter les potentielles interprétations. Or, même si Confucius affirmait qu’“une image vaut mille mots”, une image sans mot risque d’être dénuée de sens. De même, un discours seul risque de ne pas apporter une vision commune du sujet puisque chacun peut le comprendre à sa manière.

Un support visuel – associé à vos messages clés – permet souvent de rendre le discours plus clair, de générer des questions et feedbacks. Chacun comprend de quoi l’autre parle et en tant que “démonstrateur”, cela vous pousse à vous mettre à la place de votre auditoire lors de la phase de préparation.

L’idée est de ressortir de la réunion avec une compréhension commune du message donné et pas avec autant de compréhension que de personnes présentes.

Comment faire une démonstration ou review plus visuelle et interactive?

Quelques petites astuces pour faire une démonstration ou review qui aura de l’impact grâce à l’utilisation des interactions et du visuel :

  1. Dans la phase de préparation : se demander “qu’est ce que cela apporte à l’utilisateur” même si cela n’est visible que sur le back (par exemple, si le produit est une plateforme digitale, montrer l’initialisation de la plateforme et de l’environnement développeur en faisant apparaître un petit “Hello World” à l’écran)
  2. Définir des cas d’usages et démontrer le fonctionnement du produit ou service en fonction de ces cas d’usages
  3. Utiliser “bien” l’outil PowerPoint : autrement dit, ne pas remplir les slides de textes, mais plutôt de schémas ou d’images qui illustrent votre propos. Souvent, un simple paperboard avec vos idées schématisées et explicitées suffit (cf. Formation à la facilitation visuelle) !
  4. Se forcer à parler le langage de l’auditoire (utilisateurs, sponsors,…) : en évitant d’utiliser les acronymes ou expressions courantes de votre équipe qui risquent de perdre votre public. Vous risquez de les mettre dans la même situation que quelqu’un qui regarde un film avec les voix espagnoles, sans sous-titre français !

Au final, qu’est-ce qu’une bonne démonstration ou review ?

Si nous devons résumer les critères d’une bonne démonstration ou review :

  • elle vous rend fier : c’est toujours décevant de dire à son auditoire que beaucoup de travail a été engagé, mais qu’il n’est pas possible de montrer quoi que ce soit !
  • elle génère des réactions : si votre démonstration pousse de nouvelles discussions et des feedbacks, c’est autant de nouvelles idées qui vous aideront à améliorer votre produit
  • le discours est cadré, découpé en thèmes et en idées : si vous avez le plan de votre démonstration en tête, votre public le comprendra mieux et risquera moins de se perdre
  • vous pouvez mettre ce qui a été fait face à ce qui a été demandé : ce qui est attendu au final, c’est de savoir “où en est le produit/service?”. Cet état des lieux (qui peut se formaliser sous forme de jauge, timeline, ou autre) aidera votre auditoire à ne pas s’éparpiller et à rester focus sur ce que vous avez livré pour vous donner des feedbacks en conséquence.

 

Ainsi, des démonstrations et reviews plus visuelles génèrent des interactions et ce sont ces interactions-là qui impliquent vos futurs utilisateurs, sponsors ou parties prenantes dans votre projet. Vous ne montrez pas seulement à quel point le bateau que vous avez créé est bien réalisé, vous les embarquez avec vous sur le même bateau pour avancer ensemble vers un objectif commun !

(1) How Your Learning Style Affects Your Use of Mnemonics, Mind Tools Ltd., (1998), Yapton, England : http://www.mindtools.com/mnemlstylo.htm et Brown, B. L., (1998), Learning styles and vocational education practice : http://www.calpro-online.org/eric/docs/pab00007.pdf, consulté le 10 septembre 2014.


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