Quels gains chiffrés attendre de l’écoconception ?
À Zenika, quand nous présentons le GreenIT et l’écoconception de services numériques à nos clients, et en particulier les avantages de la démarche, une question revient souvent : « Quels gains puis-je en attendre ? J’ai besoin d’un chiffre pour défendre le sujet devant la direction. »
C’est une question tout à fait légitime et compréhensible mais il n’est pas facile d’y répondre rapidement et en confiance. En effet, tout dépend du contexte ! Chaque entreprise est différente, de même que chaque équipe et chaque projet.
Malgré ces difficultés, il est quand même possible de lister des ordres de grandeur, issus d’études ou de citer des projets publics.
Les gains possibles en termes d’impacts environnementaux
Pour obtenir des chiffres de réduction d’impacts environnementaux (exprimés en kg équivalent CO2, en litres d’eau ou encore kg équivalent antimoine) dans les règles de l’art, il faut réaliser une analyse du cycle de vie (ACV), ce qui réclame des outils et des compétences particulières et n’est pas systématiquement fait.
Il existe quelques projets publics d’écoconception de services numériques dont le fameux projet Green Concept, où 28 entreprises françaises ont écoconçu leurs services numériques. Pour quatre de ces 28 projets, il existe un document en ligne avec une estimation des gains.
| Entreprise / projet | Solutions mise en place ou prévues | Gains attendus ou constatés. |
| Ela Innovation | – Amélioration de la gestion de la fin de vie des terminaux – Reconditionnement des terminaux en fin de chantier – Changement du terminal de visualisation – Changement du modèle économique – Amélioration l’intelligence des équipements pour améliorer leur fiabilité. | 67% moins d’émissions de gaz à effet de serre 75% moins de consommation d’eau 80% de consommation d’énergie primaire 60% d’épuisement des ressources naturelles. |
| Vidéomenthe | – Optimisation du parcours utilisateur pour éviter les réitérations – Modification du format d’encodage – Réduction la taille des fichiers envoyés – Réduction le temps de chargement des fichiers – Ajustement des ressources côté datacenter en migrant vers le cloud – Choix un hébergeur qui alimente le datacenter en électricité d’origine renouvelable | 50% moins d’émissions de gaz à effet de serre 60% moins de consommation d’eau 55% moins de consommation d’énergie primaire 75% moins d’épuisement des ressources naturelles |
| Arkadin | – Mise en place d’un mode économie qui sollicite moins les terminaux (CPU) et les réseaux de télécommunication – Modification de l’interface et réduction du taux d’équipements notamment sur l’utilisation des salles de vidéo conférence – Préconisation aux utilisateurs pour les orienter vers un usage moins impactant d’un point de vue environnemental – Alimentation du datacenter en électricité d’origine renouvelable | 90% moins d’ émissions de gaz à effet de serre 80% moins de consommation d’eau 80% moins de consommation d’énergie primaire 60% moins d’épuisement des ressources naturelles. |
| Price Comparator | – Remplacement de la consultation quotidienne du site par des alertes e-mails paramétrables contenant les informations clefs – Reconception en mobile first – Réduction de la quantité de données téléchargées lors de l’analyse | 76% moins de requêtes 50% moins de bande passante Trois plus de demandes client |
Greenspector partage également des étude de cas :
- Celle de Bruxelles Environnement, avec un passage de 926 kg eq CO2 et 163m3 d’eau par an à 150 kg eq CO2 et 23m3
- Ou encore SNCF Connect & Tech, avec 19% d’impact GES en moins et un parcours client accéléré de 8s.
Certains acteurs préfèrent se limiter à la mesure des gains en termes de performance sans estimation des impacts environnementaux évités. C’est le cas par exemple de l’écoconception du site de telecoop, par Timothée Goguely et Gauthier Roussilhe, dont les gains sont exprimés avec des métriques techniques (Web Vitals et autres notes fournies par Lighthouse)
| Avant | Après | Évolution | |
| FCP | 1.68s | 0.74s | ÷2.3 ↘︎ |
| LCP | 2.32s | 1.54s | ÷1.5 ↘︎ |
| Speed Index | 2.63s | 0.81s | ÷3.2 ↘︎ |
| Performances | 78/100 | 98/100 | +20 ↗︎ |
| Accessibilité | 86/100 | 98/100 | +12 ↗︎ |
| Bonnes pratiques | 93/100 | 100/100 | +7 ↗︎ |
| SEO | 100/100 | 100/100 | – |
| Poids total | 823 Ko | 711 Ko | ÷1.2 ↘︎ |
Les gains au niveau financier
La démarche d’écoconception est souvent défendue en parlant des gains financiers à en tirer.
Ceux-ci proviennent de plusieurs sources :
- Les économies d’hébergement : dépenser moins de ressources serveur et réseau se traduit par une moindre facture.
- Les économies de matériel : faire durer et mutualiser les appareils (ordinateurs, tablettes, téléphones, serveurs, …) du parc de l’entreprise lui permet de réaliser des économies.
- L’augmentation de l’audience : en tenant compte des appareils et réseaux les plus contraignants, il est possible dans certains cas de toucher un plus large public.
- La simplification de la solution : en réalisant des services numériques plus simples, les coûts de développement et de maintenance sont réduits.
Il y a aussi des coûts de non prise en compte du sujet qui peuvent être évités, en particulier la perte potentielle de clients et de commandes (en B2B), du fait de la prise en compte de l’aspect environnemental dans les appels d’offres.
À ces gains, il faut retirer les coûts de mises en place de la démarche :
- La formation des collaborateurs
- Le temps dépensé à adapter les pratiques de l’entreprise (modification des habitudes, des processus)
- Les éventuelles licences d’outils utilisées
- Le prix des ACV (facturation du prestataire, prix des bases de données, temps dépensé en interne)
Des gains potentiellement importants au niveau de l’hébergement
Dans cette énumération, le point des coûts d’hébergement est probablement celui qui attirera le plus l’attention des décideurs. L’oratrice Holly Cummins, liste dans une de ses présentations des chiffres issus de différentes sources :
- 30% des serveurs virtuels ne font pas de travail utile, 50% sont actifs moins de 50% de temps
- Un serveur moyen est utilisé entre 12% et 18% de ses capacités
- 26,6 milliards de dollars ont été inutilement dépensés en 2021 sur des instances cloud non utilisées
- 35% des coûts de stockage sont dépensés pour des volumes détachés
- 40% des factures cloud sont pour des environnements hors productions
Comme on peut le voir, il y a de la place pour de l’optimisation au niveau global, même si ce n’est pas forcément le cas pour tous les projets.
Conclusion
Il est donc possible de faire des économies en mettant en place une démarche numérique responsable, en plus de réduire ses impacts environnementaux.
Pour défendre l’approche, n’hésitez donc pas à citer les chiffres de citer GreenConcept ou de RedHat !

