Hackathon vélo et numérique : c’était drôlement chouette !

C’était drôlement chouette. Mais un peu fatigant à organiser. Les objectifs de cet article sont multiples :

  • présenter la démarche et l’approche que nous avons suivies, si vous souhaitez organiser un tel évènement ou êtes curieux de ce qu’il s’est passé en coulisses
  • présenter les projets réalisés et les animations mises en place pour accompagner l’idéation

Vous pouvez retrouver les communications faites sur Twitter avec le mot-clé #veloNum.

De la motivation au projet

L’idée d’organiser un hackathon dans notre belle agence de Rennes est née en 2017 ! Proposer ce moment intense d’innovation collective nous plaisait, notre culture de l’open source a rapidement apporté ces deux autres caractéristiques au projet :

  • un hackathon collaboratif plutôt que compétitif : certains hackathons mettent les équipes de participant·e·s en compétition et un jury accorde des prix en fin d’évènement. Par culture collective, nous avons préféré laisser tomber la dimension compétitive,
  • inscrire le hackathon dans les besoins d’une association (les compétences numériques y étant parfois limitées), en faisant en sorte que les projets réalisés pendant le hackathon soient généralisables à d’autres associations œuvrant dans le même domaine

De fil en aiguille (on vous épargne l’épisode de la botte), nous avons trouvé le thème de la cyclabilité avec les 2 associations cyclistes de Rennes :

La Petite Rennes : atelier participatif d’auto-réparation de vélos

Rayons d’action : représente les intérêts des usagers du vélo dans la métropole de Rennes afin de faciliter et favoriser les déplacements à bicyclette

La cyclabilité intègre les différentes composantes d’un trajet effectué à vélo : qualité des voiries, de la signalisation, de l’air, sentiment de sécurité, niveau sonore, etc.

Format deux jours et demi (de bière, mais pas que)

Ensuite est venu le premier pari d’organisateur qui a donné lieu à plusieurs débats : la durée du hackathon et le compromis à trouver entre :

  • une durée suffisamment longue pour que les participant·e·s aient le temps de réaliser un projet suffisamment aboutit pour en être fier·e·s. Pour cela, les hackathons durent souvent plusieurs jours – le weekend notamment – avec parfois une nuit blanche,
  • une durée acceptable pour qu’il y ait des personnes à s’inscrire à l’évènement

Nous avons finalement choisi le format suivant :

  • accueil le vendredi soir : rencontre des participant·e·s et échange autour de leurs expériences “vélo” (début de l’idéation avec des “futurs souhaités”)
  • samedi :
    • matin : présentation de projets existants et de possibilités offertes par le numérique (capteurs, APIs, cartographie OpenStreetMap, etc.)
    • fin de matinée : définition des projets par les équipes qui souhaitent les porter
    • après-midi : prototypage
    • soir : présentation de mi-parcours
  • dimanche :
    • matin : poursuite du prototypage
    • après-midi : restitution de fin de hackathon. Bilan de l’évènement
  • pas de nuit blanche

En tant qu’équipe d’organisation, nous ne nous étions pas fixé d’objectif concernant les réalisations des équipes. Les valeurs qui nous ont portés :

  • tisser des liens avec et entre les personnes participant à l’évènement
  • qu’elles passent un bon moment
  • stimuler des idées
  • contribuer aux objectifs des associations partenaires

On se lance !

Une belle affiche (merci Valentin !) et on lance la communication en janvier : un mini-site dédié à l’évènement, une page ouverte pour les inscriptions, emailing aux membres des 2 associations, Twitter, emails de demande de relai par différentes communautés (meetups techniques, écoles d’informatiques, collectifs de cyclistes, de makers, etc.).

Note : ça fait beaucoup de contenus à produire (énergivore et chronophage).

Première belle surprise : les inscriptions décollent vitesse grand V ! La jauge de 35 personnes est atteinte en 2 semaines.

Un email de lancement 2 jours avant l’évènement vient donner les dernières infos : 5 personnes se désistent, essentiellement parce que l’engagement sur les 2,5 jours n’était pas clair lors de l’inscription. Deux personnes se sont ajoutées en cours de route. Il s’avère que 2 personnes sur 3 n’avaient jamais fait de hackathon et que tout le monde a passé un super moment (chouette, même).

Animations

Le vendredi soir arrive et les cerveaux sont tout de suite mis à contribution.

Futur préféré

Nous proposons un atelier de réflexion orienté solutions plutôt que problèmes. Après distribution de post-its et de stylos, nous demandons aux personnes de compléter la phrase :

En tant que cycliste, j’aimerais…

Après une dizaine de minutes, les personnes viennent coller leurs futurs préférés et les décrire succinctement sur le grand tableau que Karine a préparé. Après regroupement thématique, on obtient un truc comme ça :

Ateliers “Et le numérique ?

Le samedi matin a été consacré à la présentation :

  • de différents services numériques autour de la cyclabilité (merci La Petite Rennes et Rayons d’actions)
  • de l’API de OpenStreetMap (merci Adrien Pavie)
  • des capteurs de qualité de l’air Luftdaten (merci Ambassad’air)
  • de l’API html5 permettant d’accéder aux données de géolocalisation / gyroscopie / audio du navigateur et mobile (merci Valentin)

Une nouvelle question a été posée pour initier les projets numériques du hackathon :

En tant que cycliste, j’aimerais…, et voici comment le numérique pourrait m’aider : …

Ensuite les participant·e·s ont été invité·e·s à échanger et se regrouper autour d’idées de solution.

Du crazy eight au story mapping

Ça y est, les groupes sont constitués et les projets détourés. Avant de se lancer sur le clavier, reste à définir les fonctionnalités prioritaires de chaque projet. Pour cela, notre spécialiste en innovation Karine lance un grand crazy-eight : chaque personne de chaque équipe dispose d’un crayon et d’une feuille divisée en 8 cases ; pour chacune d’elles, nous donnons 40 secondes pour exprimer une fonctionnalité indispensable à l’application puis 20 secondes de pause.

Une fois les 8 minutes écoulées, chaque équipe échange autour des fonctionnalités évoquées pour en sélectionner les indispensables et les prioriser. Ensuite, pendant que certaines personnes mettent en place l’environnement technique (aaaaaah !), d’autres réfléchissent au story-mapping, c’est-à-dire la succession des écrans de l’application.

Deux ressources pour en savoir plus sur crazy-eight : en français, en anglais.

crazy-8 : une des listes d’idées du projet Conduis-toi mieux
story mapping : exemple d’écrans et leur navigation

Le wifi est ouvert, un framateam est ouvert pour échanger, un framagit est créé pour héberger les projets lancés. La fièvre du développement est lancée.

Mais quels sont ces projets ?

Les projets

Objectif : communiquer de façon ludique et pédagogique sur les spécificités “vélo” du code de la route (signalisation, distance de sécurité). Le samedi soir, un prototype a été proposé sous la forme d’un quiz collectif kahoot qui a mis une chouette ambiance !

Le dimanche, ils en ont présenté la version application web (en ligne ici) ainsi que le back-office permettant de l’administrer.

Enfin, Johan a réalisé une version jeu de cartes pour sensibiliser sur le sujet en s’amusant, sans support numérique.

Technologies mobilisées : Ionic, Angular, React, Netlify.

Geocaching de kits de réparation de vélo

L’application mobile développée permet de trouver des nécessaires de réparation de vélo à disposition autour de soi, quand on a une panne. Il peut s’agir des stations de réparation de vélo mises en place par les collectivités (merci Rennes !) ainsi que des kits mis à disposition sous la forme de géocaches (virtuelles pour l’instant) à administrer (description, localisation, mise à jour du contenu).

Technologies mobilisées : React Native, OpenStreetMap, OpenLayers, Firebase.

L’équipe souhaite continuer ce projet. Et pour mieux en définir les contours, ils ont besoin de vos réponses à ce petit questionnaire, s’il vous plaît !

Conduis-toi mieux

C’est une application mobile pour signaler les infractions et incivilités des automobilistes afin de faire de la pédagogie (voir les illustrations du crazy-eight) : nombre d’incivilités, type d’infraction. De la plaque d’immatriculation au conseil personnalisé pour un meilleur vivre-ensemble.

Technologies mobilisées : Ionic, React, Firebase.

Évaluation de la fluidité des trajets vélo

Cette équipe s’est intéressée à l’analyse de traces GPS de cyclistes pour visualiser la fluidité des trajets et les éléments de ralentissement (rond-points, feux, stop, etc.). Les débouchés pour les cartographies obtenues sont multiples : support factuel de discussion avec les aménageurs urbanistes, pondération pour des algorithmes de calcul d’itinéraires.

Technologies mobilisées : Python, GeoJSON, OpenStreetMap, uMap.

Capteur de qualité de l’air embarqué

Cette équipe s’est approprié le capteur de qualité de l’air open-source Luftdaten présenté samedi par Ambassad’air, pour passer d’une logique de “station fixe” à “mesure itinérante” en couplant le capteur à un GPS et en offrant une visualisation temps réel sur un tableau de bord.

La palme de la documentation revient à cette équipe qui a documenté son projet dans le wiki de La Fabrique des mobilités, bravo !

Au passage, ils ont modélisé une plaque de fixation pour accrocher le capteur à la station de visualisation et l’ont imprimé grâce à l’imprimante 3D d’un participant (merci Nicolas !).

Technologies mobilisées : carte NodeMCU, capteur de particules fines SDS011, capteur de température & humidité DHT11, GPS NEO M6, Rasperry Pi, Python, InfluxDB, Grafana, modélisation FreeCAD, impression 3D.

Et le prototype bonus : détecteur de proximité !

C’est là qu’on repart le talent d’un organisateur expérimenté : Sylvain a même eu le temps de bricoler un système d’alerte en combinant un capteur de distance et une bande de leds colorées sur un Arduino ! NIcolas a mis son imprimante 3D à contribution une nouvelle fois pour l’impression d’un boîtier de fixation du capteur de distance sur le vélo.

Technologies mobilisées : Arduino, Stack-overflow, bande de leds, capteur de proximité, imprimante 3D.

Ce qu’on en retient (côté organisation)

Déjà un grand merci aux participant·e·s qui nous ont fait confiance en s’inscrivant à ce projet un peu fou, d’y avoir partagé leur belle énergie et leurs idées !

Un autre grand merci à l’agence de Zenika Rennes pour nous avoir soutenus dans ce projet, l’avoir accueilli dans ses locaux et pour avoir pris en charge toute la restauration (et on a bien mangé).

Voici quelques réflexions pêle-mêle sur cette chouette expérience (vous ai-je déjà dit que c’était un chouette hackathon ?) : 

  • la communication concernant le lancement de l’évènement est cruciale : rédiger les contenus adaptés aux différents publics (technophiles, cyclistes) et aux différents canaux est (terriblement) chronophage. Avant ça, il faut un nom, un visuel, des attentes sur lesquelles tous les organisateurs sont en phase
  • bien que frustrante pour les participant·e·s les plus techniques, la phase d’idéation, puis de convergence sur les idées émises est cruciale, et permet aux équipes de ne plus se poser de questions sur le “quoi” et de se concentrer sur le “comment” pendant la phase de réalisation
  • il n’y a pas eu besoin de beaucoup rythmer les équipes une fois les projets lancés, la dynamique était là, la motivation aussi. Cette dynamique spontanée a été appréciée tant par l’orga que par les participant·e·s
  • la restauration et des locaux adaptés au travail d’équipe sont deux éléments importants pour la bonne ambiance et la sérénité nécessaire à l’innovation
  • c’est fatigant à organiser : bien se répartir les rôles de logistique (restauration) et d’animation
  • au moins une équipe poursuit le développement de son idée (geocaching de kits de réparation)
  • ça donne envie d’en refaire un (et les participant·es sont motivées !). Mais pas toudsuite

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